La situation matérielle du Quai d’Orsay puis l’action même de la France à l’étranger à la suite de l’éclosion des mouvements révolutionnaires en Méditerranée et de la dégradation de nos relations avec le Mexique ont suscité récemment diverses prises de position de la part de diplomates et de leur hiérarchie aussi bien qu’une efflorescence inhabituelle d’analyses et de débats dans les divers médias.
Tous les commentateurs se sont efforcés, avec plus ou moins d’acuité et de bienveillance mais, au total, en faisant preuve d’une grande unité de pensée, de mettre en lumière ce qu’ils considèrent comme les raisons du désarroi actuel de la diplomatie française qu’un membre de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée Nationale, M. Paul Giacobbi, qualifiait naguère « d’état cadavérique, entre arrogance et médiocrité, inefficacité et autosatisfaction » (Le Monde, 12 Septembre 2007).
Tout en soulignant la gravité des problèmes que posent les coupes claires en crédits et en effectifs pratiquées sans discontinuer depuis des décennies et qu’ont dénoncées, une fois de plus, dans « Le Monde » en Juillet et Août derniers, l’actuel Ministre des affaires étrangères et l’un de ses prédécesseurs tout comme d’anciens secrétaires généraux du Ministère (le Quai d’Orsay n’ayant au demeurant pas été favorisé sous le Général de Gaulle lui-même, sauf lors du ministère de Michel Debré, en raison du désintérêt manifesté par M. Couve de Murville pour les questions d’intendance…), ces analystes ont aussi relevé, selon les cas et leurs penchants politiques, soit les insuffisances du corps diplomatique français, soit les responsabilités particulières des personnalités et de leurs conseils qui ont la tâche de faire manœuvrer une troupe, toujours de bonne volonté à défaut d’être toujours capable de n’être à la longue ni « trop pliée » ni « trop cassée » (Romain Gary) et qui n’aime rien tant que de recevoir des directives précises de la part de sa hiérarchie.



