DE QUELQUES PROPOSITIONS
Il est fondamental que la France acquiert rapidement une autonomie de décision et d’action pour parer aux menaces possibles et pour pouvoir agir efficacement sur le plan diplomatique. Il faut souligner, à ce propos, le rôle clef que pourrait jouer une France qui aurait réussi à se réinvestir dans sa sphère d’influence traditionnelle (Europe, Afrique, Moyen-Orient) et qui serait redevenue le phare qu’elle était depuis plusieurs siècles pour le reste du monde.
Pour cela, la France doit conduire une action volontariste pour diminuer ses facteurs de faiblesse et de vulnérabilité et pour se doter des outils nécessaires pour exister et compter dans le nouvel environnement mondial.
COMMENT FAIRE ?
1) Réinvestissement culturel
Pour le plus grand bien de l’Europe et afin d’offrir aux autres peuples du monde une alternative au modèle anglo-saxon qui pourrait devenir à terme un repoussoir, il est important que notre pays accorde à nouveau une grande importance à son rayonnement culturel.
Cela concerne tout particulièrement la francophonie : l’usage de la langue française dans le pays (communications politiques, scientifiques ainsi que militaires) et à l’extérieur (relations internationales diplomatiques et militaires, lycées français, alliance française, Internet….) doit être systématique. Sans action volontariste de notre part, notre langue, vecteur culturel par excellence est menacée, sinon de disparition, au moins de marginalisation.
Ainsi, il convient d’être intransigeant quant à l’obligation d’utiliser le français au niveau des instances européennes, tant dans les discussions et communications que dans les publications et textes réglementaires.
Cette action prioritaire (avec les financements nécessaires), dans le domaine de la francophonie est à la base du retour sur la scène mondiale d’une diplomatie originale, efficace et facteur de paix dans la recherche d’équilibres régionaux et mondiaux.
Cette action doit être complétée par la revitalisation, avec des fonds publics, d’une agence de presse française utilisant notre langue et couvrant le monde entier, car CNN et les agences anglo-saxonnes ne doivent pas conserver leur monopole actuel sur les informations.
A ce propos, nous pouvons être légitimement inquiets quant à la décision annoncée par notre chaîne d’information internationale de diffuser 80% du temps en langue anglaise.
2) Affranchissement de l’Europe par rapport à "l’hyper puissance " de ce début de XXIème siècle
Les Etats-Unis d’Amérique exercent une domination impériale sur le reste du monde et, de manière naturelle, leur hégémonisme exercé à leur seul profit s’accroîtra tant qu’il n’aura pas rencontré d’obstacle.
Leur action est loin d’être toujours bénéfique à l’Europe (sur les plans économique, culturel, diplomatique, influence….) qui se trouve aussi assez souvent sollicitée pour s’associer à la lutte contre des adversaires des Etats-Unis, qui ne sont pas forcément les siens, voire le contraire.
L’intérêt profond de la France se situe dans la création et la gestion d’équilibres régionaux et mondiaux plutôt que dans l’exercice d’une police planétaire au profit de l’hyper-puissance, avec le risque de susciter de nombreuses réactions d’hostilité, plus faciles à exprimer vis à vis de la France (et de l’Europe) jugée plus vulnérable qu’envers le géant.
Or, la mise sous tutelle de l’Europe par les Etats-Unis d’Amérique persiste et même s’accentue avec la demande pressante des pays d’Europe Centrale et de l’Est (PECO) et l’assentiment de nos partenaires européens actuels (la plupart des petits pays préfèrent ce grand frère à la prééminence de la France ou de l’Angleterre)
L’outil de cette sujétion est représenté par l’OTAN qui, créé pour contrer le pacte de Varsovie, aurait dû disparaître avec la fin de l’Union Soviétique. Or, non seulement il n’en est rien, mais les Etats-Unis veulent développer cet organisme qu’ils dirigent.
Il apparaît donc important que l’Europe se dégage de la structure militaire intégrée, même si l’Amérique effectue quelques concessions ("partenaires du tout puissant "). L’OTAN reste fondamentalement un outil au service de l’Amérique et non pas de l’Europe.
Il devient aujourd’hui impératif que la France ressorte de la structure militaire intégrée, même si l’OTAN a délégué quelques commandements mineurs à notre pays pour calmer l’ " ego" jugé excessif de nos dirigeants.
Il faut également remarquer que de nombreux militaires français ne rêvent que de rester intégrés au sein de l’OTAN (rançon de la professionnalisation ?) et de faire partie de coalitions où ils pourront mettre en œuvre leurs matériels sophistiqués et montrer leur maîtrise technique (ainsi que de la langue anglaise, oubliant "qu’adopter la langue du maître, c’est se comporter en esclave"), le tout sous commandement américain.
L’élargissement des compétences de l’OTAN en dehors du cadre européen qui est devenue une réalité doit être combattu de la même manière ; c’est une façon pour les Américains de contourner l’ONU, jugée moins malléable.
Au contraire, il faut insister pour un renforcement du rôle de l’ONU pour la gestion des crises et pour légitimer les éventuelles interventions, car il s’agit d’une organisation plus égalitaire où la France dispose théoriquement d’un droit de veto et où elle pourrait s’appuyer sur une francophonie redynamisée par une politique volontariste.


