Le monde est un état de guerre permanent régi par des lois. La loi de séparation des églises et de l’Etat nous a apporté 105 années de paix sociale. Le Forum pour la France se devait de fêter cet anniversaire et de signaler à tous cette date historique du 9 décembre 1905, en rappelant ce que cette loi a apporté à notre pays. Ce fut une grande loi dont il est utile de reparler au moment d’une résurgence du péril religieux avec le culte musulman, et les vents mauvais qui soufflent dans les voiles et les burqas.
Parler de « péril religieux »peut sembler excessif mais c’est bien de cela qu’il s’agit. Aucune religion n’est un danger si elle ne trouble pas l’ordre public. Les guerres de religion (ou nommées telles) ont fait couler assez de sang en France et dans le monde pour qu’on n’y revienne pas. Aujourd’hui une certaine forme d’Islam a fait irruption avec des exigences, créant des polémiques, et des affrontements, qui ont entrainé et entrainent encore des « accommodements raisonnables » mais qui sont autant de lâchetés déraisonnables. Pour avoir la paix on a fait et on fera des concessions alors que la loi suffit à régler tous les problèmes, car elle dit le nécessaire, à condition qu’on veuille s’y soumettre. Mais, à ceux qui sont devant vous on tend la main, et c’est le bras qui passe. On voit des surenchères permanentes qui n’arrêteront jamais, et n’appartiennent qu’à une logique sectaire. Catholiques, Protestants, Juifs se sont soumis à la loi sur les cultes, et tout fonctionne à merveille. J’aime à citer Mgr Lustiger que j’ai moi-même entendu dire qu’une telle loi le satisfaisait. Pourquoi pas les musulmans ?
Les problèmes se posent avec le culte musulman, car la loi de 1905 n’avait pas prévu l’Islam ni cette irruption de l’immigration et l’arrivée massive des expatriés de nos anciennes colonies. Indiscutablement la question de la laïcité est liée à l’immigration. L’Islam des islamistes la récupère, avec tous les mécontents sous couvert d’action sociale, mais rien ne dit que ce ne sera pas une porte ouverte à un Islam traditionnel, porté par d’immenses vagues d’immigrés musulmans, qui auront les mêmes tendances. L’Islam réputé religion de paix n’est en tous cas pas une religion tranquille, elle a ses extrémistes et leurs exactions. On met sur leur compte un certain nombre de crimes, mais qui nous prouve que ce sont bien les islamistes qui font ces attentats ou meurent par dizaines des chrétiens ? En Irak, en Turquie, au Pakistan, et ailleurs en Asie ? Peut-être des musulmans de base ?
Cette loi tellement indispensable aujourd’hui n’est pas une loi de circonstances mais une loi ancienne qui s’applique à des circonstances que nous vivons quotidiennement. Elle fait partie de ces grandes lois qui ont fait naitre les libertés publiques. Ces lois qui font la fierté de la France et l’ont portée au premier rang des défenseurs des Droits de l’Homme. Nul besoin de leçons venues d’Amérique, ni de la convention européenne, ni de la charte des droits fondamentaux, pour savoir faire ce qu’il faut. Les gnomes de Bruxelles n’étaient pas nés que la France le savait déjà. Les droits de l’Homme c’est nous, et la loi sur les cultes est une loi qui trouve sa place au cœur de nos valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité. Grace à elle « tout homme a le droit de ne pas avoir de religion, de choisir sa religion, de changer de religion, et de parler partout de sa religion » selon la formule d’André Miquel.
La religion est une affaire personnelle, la loi sur les cultes est une grande loi de liberté de pensée et d’expression, une des lois fondamentales de la République. Il n’y a que les provocateurs, les ignorants ou les sots pour prétendre le contraire. Célébrons la loi, et défendons là, surtout dans ces temps difficiles où on cherche à la faire exploser, parce que de nos jours elle ne conviendrait plus. 9 décembre 1905-9 décembre 2010 elle nous a garanti 105 ans de paix sociale, ce n’est pas rien. Méfions nous des apprentis sorciers, qui veulent la modifier, et gardons là en l’état. Elle nous protègera, bien sûr, d’une autre Saint-Barthélemy.
Dr Jack Petroussenko. Membre du Conseil national du Forum Pour la France

