Les résultats obtenus à l’issue des deux sommets du G20 d’avril et de septembre 2009 sont décevants. Nombre d’observateurs constatent – les uns pour s’en réjouir, d’autres pour le déplorer – que l’économie mondiale semble sur le point de reprendre le « business as usual » dans une sorte d’immense dénégation du séisme de 2008. Est-ce à dire que le capitalisme est impossible à réformer ? Nous ne le croyons pas. Voici quelques pistes de réflexion autour desquelles pourrait s’organiser un débat public sur les manières d’envisager une autre figure du capitalisme, différente de celle qui prévaut dans les sociétés occidentales sous influence anglo-saxonne depuis trente ans.
APRÈS LE G20, TOUT RESTE À FAIRE !
Certes, un certain nombre de paradis fiscaux ont été sommés de conclure des accords de coopération bilatéraux avec certaines administrations fiscales – le secret bancaire suisse, en particulier, pourrait être remis en cause. Mais la liste des paradis incriminés comporte bien des lacunes : ce sont essentiellement les places bancaires concurrentes des grandes banques d’affaires anglo-saxonnes qui ont été visées. De plus, certaines des conventions bilatérales d’échanges de renseignement ont été signées par des (ex-)paradis fiscaux avec… d’autres (ex-)paradis fiscaux ! Ainsi Monaco a-t-elle signé 7 de ses 12 conventions avec d’autres paradis fiscaux. Enfin, les paradis fiscaux, même s’ils jouent un rôle important dans les stratégies des fonds spéculatifs, n’étaient pas directement à l’origine du krach de 2008…
Certes, les bonus des traders seront désormais échelonnés dans le temps et encadrés [1] : mais ils n’ont été aucunement plafonnés. Comment, d’ailleurs, eût-on imposé un plafond qui ne fût pas arbitraire ? Il suffirait de les taxer davantages. Le rôle du Fonds Monétaire International, quant à lui, a été renforcé, des moyens nouveaux lui ont été accordés tandis que le G20 a promis de se réunir de nouveau en 2011. Mais un éventuel rapprochement de la structure informelle du G20 avec les institutions onusiennes n’est toujours pas à l’ordre du jour. S’il est vrai que l’ONU elle-même est à la peine pour se réformer, plusieurs questions essentielles restent posées : quelle est la légitimité du G20 ? Comment les décisions sont-elles prises en son sein ?



