La foule des algériens dont beaucoup sont armés de gourdins, de bâtons avec des rasoirs se ruent sur les civils européens aux cris du Djihad et de l’Indépendance (Le Maire socialiste de Sétif favorable aux indépendantistes M. Deluca est tué en tentant de s’interposer).
- Les émeutes se poursuivent à Sétif et dans les villes environnantes de Guelma, Kerrata, Chevreul, Perigotville où les populations sont violées et massacrées atrocement.
- Le Général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire ordonne l’intervention de l’armée sous les ordres du Général Duval ; les opérations vont durer 5 jours et la répression très dure avec des bombardements sur les villages où sont réfugiés les rebelles.
- Une commission d’enquête est constituée le 19 mai 1945, le Général de Gaulle nomme le Général de gendarmerie Tuber (résistant et futur maire communiste d’Alger) avec l’avocat général Labattut et le Cadi de Tlemcen.
- Un rapport de 26 pages est signé par les 3 membres qui chiffre le nombre des victimes :- Européennes : 103 (1 prêtre, 2 prisonniers italiens, 4 magistrats…)
- Indigènes indépendantistes : 1051 par les autorités militaires et 1500 par l’Autorité Civile.
- Indigènes fidèles à la France : 800.
- Le Ministre de l’Intérieur Adrien Tixier se rend en Algérie du 24 au 30 juin et confirme le nombre de victimes de la répression entre 1500 et 2000 (journal officiel p1382)
- Plusieurs délégations du Parti communiste et de la CGT venus sur les lieux ne contestent pas ces chiffres.
- L’enquête effectuée par le Gouverneur Général Chataigneau basée sur la distribution des cartes d’alimentation avant et après les évènements confirme le chiffre de 1500…
- La propagande des indépendantistes évoque le chiffre de 45000 à 60000 morts repris depuis par tous ceux qui leurs sont proches.
Les commentaires :
On ne peut réduire ces évènements tragiques à un défilé pacifique célébrant la victoire qui aurait mal tourné aux coups de feu tirés par une police peu nombreuse, débordée, justifiant la colère de la foule sur les civils européens et elle-même victime d’un massacre comme le font croire les partisans du futur Front de Libération Nationale (FLN).
Le Général de Gaulle l’exprime dans ses mémoires de guerre (3ème tome p261) : « En Algérie, un commencement d’insurrection, survenu dans le Constantinois et synchronisé avec les émeutes syriennes du mois de mai a été étouffé par le Gouverneur Général Chataigneau. »
Loin d’être un mouvement spontané en faveur de l’indépendance, ces émeutes sont bien une tentative d’insurrection organisée et préparée de longue date.
Depuis Genève, un libanais, le Cheikh Chekib Arslan lance un appel à tous les musulmans de Syrie du Liban et du Maghreb de se dresser contre les « infidèles » au nom du Djihad. Lié au Mouvement des Frères Musulmans créé au Caire en 1928 par Hassan Al-Banna, il est l’allié de Hadj Husseïni, grand mufti de Jérusalem, admirateur d’Hitler pour sa politique antisémite et réfugié à Berlin pendant une partie de la guerre ; il est également l’allié de Messali Hadj chef du Parti Populaire Algérien indépendantiste.
Les anglais par ailleurs, malgré les promesses antérieures, ne veulent pas d’un Etat d’Israël qui pourrait menacer leurs intérêts pétroliers sur le port d’Haïfa et s’appuient sur les palestiniens qui n’en veulent pas davantage. (L’alliance s’est faite en mars 1945 à Héliopolis près du Caire dominé par les anglais en donnant naissance à la ligue Arabe contrôlée par une branche spéciale des services de renseignement anglais).
Le 8 mai 1945 ce sont les Palestiniens qui interviennent à Damas en Syrie dans les émeutes contre la France qui soutient le projet d’un Etat d’Israël.
Les émeutes du Constantinois sont un des éléments de cet enjeu de géopolitique en Méditerranée au moment où la 2ème Guerre Mondiale se termine en Europe. Elles marquent également l’affirmation d’un mouvement islamiste, antisioniste et antifrançais dont la revendication indépendantiste n’est qu’un moyen et non un objectif.
Lionnel LUCA
| Membre du groupe d’étude Cinéma et production audiovisuelle |
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