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COMMENT FAIRE ?

Pour une nouvelle politique de défense de la France, par Martin Dupond

" Pour une politique volontariste "

samedi 4 avril 2009, par Administrateur

Introduction.

2007-2025 : deux cas doivent être pris en considération : soit l’intégration européenne s’est poursuivie et se trouve en grande partie réalisée, avec tous les aléas prévisibles pour notre pays, soit l’Europe maastrichienne a éclaté et la France a retrouvé sa liberté et sa responsabilité.

Dans les deux cas, il est important d’anticiper pour préserver au mieux les intérêts de notre pays quel que soit le scénario que l’histoire retiendra. Il convient donc de réfléchir dès à présent à de nouveaux concepts nous permettant de retrouver le maximum de souplesse pour faire face aux situations possibles envisageables ou pour se reconfigurer rapidement en cas d’imprévu.

La France n’a plus et pour un temps relativement long de menace majeure à ses frontières, susceptible de mettre en jeu ses intérêts vitaux. Il persiste cependant des risques et des intérêts à défendre.

La préservation de nos intérêts sera réalisée par la mise en œuvre simultanée d’une politique diplomatique rénovée, d’une action culturelle dynamique, d’une politique industrielle retrouvée et, enfin, d’un outil de défense adapté à ce nouvel environnement international.

 3) Diminuer notre dépendance énergétique

Il s’agit de diminuer un facteur de faiblesse de l’Europe, pouvant donner lieu à des pressions de pays tiers, pressions diplomatiques, économiques, éventuellement renforcées par des actes de violence.

Actuellement la politique d’autonomie énergétique est revue à la baisse par la remise en cause, partielle dans notre pays, totale ailleurs, de la production d’énergie électronucléaire. Le recours accru à des énergies fossiles que nous ne possédons pas, aggrave notre fragilité et notre vulnérabilité (prix, transport, disponibilité…).

En effet, seul un recours accru à l’énergie électrique d’origine nucléaire est susceptible de diminuer la dépendance énergétique de l’Europe. La France devrait donc encourager la substitution des énergies fossiles par l’électricité, en particulier dans les domaines du chauffage, de l’industrie et des transports de marchandises avec une réorientation de la politique aujourd’hui en faveur de la route vers une prépondérance à redonner à la voie ferrée.

Quant au transport des voyageurs, les systèmes électriques devront être privilégiés : tramway, trolleybus, TGV. On peut imaginer que les infrastructures soient prises en charge par une filiale d’ EDF, pour orienter le choix des responsables locaux. Un développement volontariste du système TGV (lignes Paris-Province et transversales), économe en énergie fossile et respectueux de l’environnement doit permettre de poursuivre l’aménagement du territoire, tout en limitant fortement le recours à la voie aérienne dispendieuse pour les liaisons intérieures et européennes limitrophes.

Par ailleurs, cela nécessitera une politique de grands travaux nécessitant une main d’œuvre conséquente et favorisant de ce fait la réduction du chômage, en redonnant confiance à des travailleurs qui auront ainsi retrouvé leur dignité. Il faut noter que la concurrence de la SNCF par des réseaux privés, écrémant les trafics à forte rentabilité et laissant les autres à la société nationale, est incompatible avec cet objectif.

Ce choix implique le maintien du retraitement des combustibles irradiés, un développement de l’utilisation des combustibles utilisant le plutonium de retraitement (MOX), ainsi qu’un renouvellement des installations d’enrichissement des combustibles avec des technologies moins énergivores.

Le parc actuel de réacteurs devra être complété par des surgénérateurs, seuls capables de valoriser au mieux la ressource uranium. La construction prévue du réacteur franco-allemand "EPR" ne constitue pas une réponse adaptée. Le faible progrès technologique qu’il marque ne justifie pas le surcoût important par rapport au palier "N 4" des derniers réacteurs EDF. Il convient d’étudier de futurs réacteurs représentant un saut technologique conséquent. Une extension du système "pompage-turbinage" sera à réaliser pour faire face aux pointes de consommation et utiliser les réacteurs en service de base où leur rendement est optimum.

Pour mener à bien cette politique d’intérêt national, il est évident qu’ EDF doit rester au sein du giron de l’état ; une privatisation, même partielle, détournant l’objectif de cette société vers la réalisation de profits élevés à court terme, empêchera la mise en œuvre de ce programme capital et structurant pour le siècle à venir. On notera encore le rôle de chef de file que la France peut et doit jouer dans ce domaine.

 4) Maintien de la dissuasion nucléaire

La disposition d’un armement nucléaire opérationnel au niveau actuel (concept de dissuasion du faible au fort, avec la notion de juste suffisance) est un élément capital pour notre pays, malgré la disparition actuelle d’une menace majeure envers notre territoire. Il conviendra d’adapter le discours pour en justifier le maintien, car il constitue surtout un facteur égalisateur de puissance, qui nous permet aussi de continuer à exister sur le plan international, en particulier vis à vis d’une hyper puissance dont la tendance hégémonique apparaît évidente à tout observateur averti.

Ecoutons Charles De Gaulle en 1962 :

" La force de dissuasion n’est pas faite seulement pour dissuader un agresseur. Elle est faite aussi bien pour dissuader un protecteur abusif. C’est pour cela qu’elle doit être tous azimuts. D’ailleurs, on ne sait jamais d’où peut venir la menace, ni d’où peut venir la pression ou le chantage. Un jour ou l’autre, il peut se produire des événements fabuleux, des retournements incroyables. Il s’en est produit tellement dans l’Histoire. "

Le budget actuellement consacré à la force de dissuasion (en nette diminution par rapport aux dernières années) doit permettre le maintien à niveau des composantes existantes, océaniques et aériennes.

La mise en œuvre du programme de simulation constitue un signal politique très fort et qui sera interprété comme tel.

Cependant, il faut être conscient que la conservation d’une force de dissuasion implique le renoncement à l’intégration dans une Europe de type Maastricht ; aucun de nos partenaires ne veut entendre parler du nucléaire militaire (et peut être bientôt aussi du civil) et l’union européenne, aidée par les directives de la Banque Centrale européenne impose une politique budgétaire qui pourrait obliger la France à effectuer des choix au détriment de cette force.

L’exception française, ressentie comme une arrogance, irrite nombre de nos partenaires dont l’ambition affichée est de "réduire le caquet de la France", et de la banaliser dans leur non-existence internationale.

La vigilance s’impose d’autant plus qu’un certain nombre de dirigeants militaires de notre pays verraient d’un bon œil la disparition de notre force de dissuasion nucléaire, jugée budgétivore (au détriment des matériels classiques qu’ils pourraient mettre effectivement en œuvre), et de nature à gêner l’intégration de leurs forces dans l’OTAN.


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Responsable éditorial : Jacques MYARD