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Projection pour 2020

Une politique énergétique pour la France

Qu’est-ce qu’une politique énergétique pour un pays comme la France ?

dimanche 29 mars 2009, par Administrateur

Avant-Propos.

C’est la détermination dans le temps (20-30 années dans notre cas ) :
  • de l’énergie totale consommée dans le pays,
  • de la répartition de cette énergie entre les différentes sources disponibles, pétrole, gaz, charbon, uranium, énergies renouvelables.

 Les cinq volets de la politique énergétique proposée

1- Des économies d’énergie et une réduction importante de la consommation de pétrole et de gaz.

Les économies d’énergie ont trois raisons d’être fondamentales :

  • laisser à nos enfants l’héritage le plus élevé possible
  • réserver l’usage du pétrole pour la pétrochimie et le transport aérien
  • pérenniser notre civilisation industrielle dont la croissance actuelle est liée à la croissance de la consommation énergétique

Trois scénarios sur 20 et 30 ans sont étudiés en fonction de la date du pic de la production pétrolière qui détermine le taux de variation de la consommation totale utile :

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scénario 1

Ces scénarios impliquent que la consommation énergétique de la France se répartisse de la manière suivante entre les différentes sources d’énergie :

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scénario 2

2- Le développement contrôlé des énergies renouvelables

Il comporte le développement de l’éolien électrique Il comporte la systématisation de l’utilisation du bois et l’utilisation individuelle du solaire Une augmentation du nombre de barrages est à prévoir.

Selon les scénarios, les énergies renouvelables représenteront entre 9 et 11% de l’énergie consommée en 2023

3- Le développement de l’énergie nucléaire et le redémarrage du charbon

La justification de l’énergie nucléaire est triple :

  • Le nucléaire a fait ses preuves et la France est un pays qui en maîtrise le mieux les techniques
  • Les réserves d’uranium étant presque infinies, nous garantissons l’héritage à laisser à nos enfants
  • Le bas prix de l’électricité nucléaire nous permet d’en exporter et sera bien utile lorsque nous souhaiterons produire de l’hydrogène.

Une augmentation du pompage turbinage est fortement recommandée

Quelque soit le scénario retenu, et en particulier même pour le scénario 2 envisagé si le pic de la production pétrolière n’a lieu qu’après 2010, la capacité des centrales nucléaires doit augmenter dès 2013.

La justification du redéveloppement du charbon est quintuple :

  • 1 Les réserves de charbon étant élevées, nous préservons partiellement l’héritage à laisser à nos enfants
  • 2 Le charbon est la source d’énergie la moins chère. Comme il est abondant, il restera la source la moins chère pour de nombreuses années.
  • 3 Du charbon peut sortir le substitut aux hydrocarbures.
  • 4 Le charbon est la source complémentaire du nucléaire puisqu’il peut absorber les à coup de la consommation journalière.
  • 5 L’énergie éolienne ne fonctionnant que 20 à 40 % du temps, le relais doit être pris par le charbon en cas de défaillance.

En 2023, la part du charbon dans la consommation totale pourra dépasser 20 %

Comme indiqué plus haut, dans le paragraphe sur le changement climatique, nous vérifions que la production de gaz carbonique est en diminution tout au long de la période étudiée. Or selon les scénarios, la production de CO2 ( en millions de tonnes ) est la suivante :

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scénario 3

Pour les scénarios 1 et 3, nous notons une légère augmentation de la production de CO2 en fin de période. Nous pourrons inverser cette tendance en réduisant la consommation de charbon, réduction qui devra être compensée par une augmentation des pompage-turbinage.Pour le scénario 2, il sera quasiment impossible de réduire la production de CO2, à moins d’augmenter fortement les pompage-turbinage ou de faire plus appel aux énergies renouvelables, quitte à augmenter le prix de l’électricité.

4- La poursuite du dialogue Producteurs-Consommateurs

La poursuite du dialogue avec les pays producteurs de pétrole doit conduire à des cours du pétrole voisins de :

  • 30 $ / barril en 2003
  • 40 $ / barril en 2013
  • 50 $ / barril en 2023

Si le dialogue ne peut conduire à de tels cours, il faudra instituer une carbotaxe de telle sorte que l’ensemble

Facture énergétique + Carbotaxe : représente un pourcentage croissant du PIB, selon le calendrier approximatif suivant :

  • 2,0 % du PIB en 2010
  • 2,5 % du PIB en 2015
  • 3,0 % du PIB en 2020
  • 3,5 % du PIB en 2025

C’est d’ailleurs une chaude recommandation de l’économiste Milton Friedman Cette augmentation de la part de l’énergie dans le PIB est l’élément critique pour espérer des économies d’énergie, l’expérience des trente dernières années étant là pour le démontrer. Toutes les autres options ( dont celle entre autres des certificats d’énergie ou des incitations fiscales ) ne pourront être que des compléments à la politique d’augmentation de la part de l’énergie dans le PIB.

5- La diversification poussée de nos approvisionnements en énergie

La diversification de nos approvisionnements en produits énergétiques aura lieu quelque soit la source, pétrole, gaz, charbon, uranium. Pour 2003 notre indépendance énergétique n’est que de 8 % et devrait être réduite dans les années à venir avec la fermeture prochaine des derniers champs de pétrole et de gaz et des dernières mines de charbon et d’uranium.

Nous faisons confiance aux différents opérateurs, TOTAL, CdF, Areva, pour diversifier au maximum leurs sources d’approvisionnement. Cette diversification devra être cohérente avec notre politique étrangère ( avec le Niger par exemple ) et la recherche de l’operating sera toujours présente à l’esprit de nos compagnies.

Plus la diversification sera large, moins sera élevé l’engagement de nos forces armées pour protéger nos intérêts vitaux en approvisionnement en énergie.

Evaluation du coût de cette nouvelle politique énergétique

Pour les dix prochaines années, le coût de la politique énergétique est réparti entre divers acteurs :

  • 16,2 Mds Euros à la charge de l’Etat et de l’Andra
  • 1,0 Mds Euros à la charge de la SNCF
  • 3,8 Mds Euros à la charge de TOTAL
  • 17,5 Mds Euros à la charge d’EDF-GDF
  • 5,7 Mds Euros à la charge d’Areva
  • 44,2 Mds Euros pour l’ensemble du plan

Ce coût est équivalent à une augmentation du coût du barril de pétrole de 4 dollars pendant 10 années. Ce qui en fait un programme très attractif.


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Responsable éditorial : Jacques MYARD