lls ne veulent pas des états ni de leurs représentants , trop marqués par la tare indélébile de l’intérêt national ; ces comédiens usés sont bons pour la retraite . Qu’ils laissent le devant de la scène et les feux de la rampe au Ministre européen des Affaires étrangères et à sa troupe de diplomates d’élite . A eux les premiers rôles , les belles carrières et les honneurs de l’affiche .
Mais qu’ont-ils donc de plus ou de mieux que les autres ? A cette question impertinente , il y a une réponse décisive car c’est une réponse de catéchisme : tous ceux que touche l’onction européenne reçoivent aussitôt et en plénitude ,par don du ciel et inspiration d’en haut , la science infuse des intérêts européens . Ne vous étonnez pas si les béni oui oui de l’Europe qui réclament volontiers pour eux le monopole de l’intelligence , savent aussi faire sa place à la foi du charbonnier . Déjà à Maastricht ,ils avaient admis sans broncher que la P.E.S.C. sortirait du néant au seul appel de son nom ; et on les entend aujourd’hui professer que si nous jouissons de la paix depuis un demi-siècle , le mérite en revient tout entier aux Institutions européennes de Bruxelles . Osez insinuer que peut-être la garantie américaine ; l’alliance atlantiques l’équilibre nucléaire y furent aussi pour quelque chose et que , sans doute , la paix a plus permis l’Europe que l’Europe n’a préservé la paix , vous aurez toute chance de passer à leurs yeux pour un esprit attardé ou pour un mécréant .
En définitive - ce qui se passe pour la P.E.S.C. ressemble beaucoup à ce qui s’est passé pour l’euro ; les procédés sont les mêmes dans les deux cas .
Ici ,on a pris nos monnaies nationales , on les a fait fondre au feu de l’Europe et on en a fait jaillir l’euro mais c’était seulement pour que les maîtres fondeurs puissent en faire hommage aux marchés mondiaux ’’qui ont toujours raison’’ . Là , on subtilise les diplomaties nationales ,on les dissout dans un fluide européen et l’on confie le mélange qui en résulte aux mains expertes du Ministre européen des Affaire étrangères et de ses acolytes pour qu’ils l’inclinent devant la majesté de l’empire atlantique .
C’est ainsi que , par une sorte de transmutation , 1’ Europe-puissance qui était , au départ , dans les promesses n’est plus , à l’arrivée et dans les faits , qu’une Europe vassale .

