En 1516 Thomas More, pas encore Chancelier du Royaume, publie Utopia. Dans cette satire de l’époque tudorienne, il imagine un monde parfait où la richesse est un bien commun.
Après son arrivée en Abraxa [1], Utopus, conquérant de génie, rend son nouveau territoire difficile d’accès et humanise la population qui partage tout et aspire au bien être absolu.
Utopia n’a pas d’armée mais le cas échéant fait appel à des soldats extérieurs au royaume pour se défendre. Homme de foi, More s’était peut être inspiré du serment prêté pour la première fois en 1506 par les gardes suisses au pape Jules II pour la défense du Vatican.
En cinq cent ans rien n’a changé sous le soleil et les armées privées restent un outil indispensable à la sécurité des états. Bien loin du monde des mercenaires qui se sont illustrés en « Francafrique » ou dans l’ex-empire colonial britannique, les armées privées travaillent en toute transparence.
Enregistrées et contrôlées par leurs gouvernements respectifs, les plus grosses sont américaines ou britanniques. MPRI, Blackwater, Dyncorp et bien d’autres encore collaborent étroitement avec le Pentagone et bénéficient de très importants contrats de soutien à l’armée américaine. Elles respectent la réglementation sur les armes de guerre (ITAR) et peuvent s’équiper du matériel le plus performant pour remplir leurs missions. Chaque soldat privé bénéficie d’une formation continue, d’une assurance vie et d’un salaire au moins deux fois supérieur au poste équivalent dans l’armée régulière des Etats-Unis.
Compte tenu de l’importance des investissements, certaines de ces compagnies privées sont cotées en bourse et Dyncorp a même été intégrée à l’indice Spade Defense [2] qui regroupe les valeurs phares du secteur de l’espace et de la sécurité.

