La séparation de l’Eglise et de l’Etat est une des conditions nécessaires à l’existence d’une vraie démocratie.
Mais enfin : l’Europe toute entière a derrière elle une Histoire marquée par quinze siècles de christianisme, catholique ou protestant ! A t-on oublié en Belgique, Phillipe II, Charles Quint, les innombrables églises des pays flamand et wallon ? A t-on oublié en France, depuis Clovis, en passant par les cardinaux de Richelieu et Mazarin,ces bâtisseurs de l’Etat, et nos cathédrales, les églises de nos campagnes, longtemps lieux privilégié de rencontres entre les habitants ?. A t-on oublié le rôle rassembleur de la religion, dans la construction progressive d’un état centralisé qui facilitera, lorsque la révolution française se sera mise en marche, la réalisation de l’unité nationale ?
La frêle Jeanne d’Arc aurait elle pu galvaniser de rudes capitaines de guerre, tels que La Hire ou Xaintrailles, si elle n’avait incarné l’espace de deux courtes années, plus qu’un message divin, l’unité nationale en voie d’être reconquise ?
Aujourd’hui que le joug pesant des églises a été brisé par l’élan démocratique, nous pouvons constater que nos traditions et nos fêtes, l’une des plus importantes vient d’ailleurs d’être rayée du calendrier par le fait du " prince " sans que l’Eglise s’en émeuve, ont souvent pour origine le message chrétien.
On peut donc se demander avec raison, ce qui, dans le projet de Traité sur la constitution de l’Europ, justifie cette volonté de nier le passé.
De la même façon on peut s’interroger sur les raisons qui poussent certains de nos dirigeants à vouloir intégrer la Turquie dans une Europe où elle n’a pas sa place, ni en raison de l’Histoire, ni en raison de la géographie, ni en raison de la culture.
Kemal Ataturk a oeuvré, dans la première partie du vingtième siècle, pour que son pays devienne un pays laïque, moderne. Si l’économie de la Turquie a subi une indéniable évolution, une grande partie du peuple turc vit encore dans la misère, confesse la religion sunnite et ce pays possède un parti religieux puissant ..
Il est bien évident que si l’on veut gommer demain les identités des peuples, pour réaliser une Europe informe et sans but ,telle qu’elle apparaît dans le projet de traité, il faudra détruire dans les esprits et dans la pratique, les langues et les cultures européennes. Ce qui fait en propre le génie de chaque peuple de l’Europe.
Ce travail de destruction est déjà engagé, par l’abandon de l’attachement à notre langue en particulier, mais pas seulement.
Les soviets n’ont pas procédé autrement quand ils ont voulu s’imposer, plus franchement il est vrai, et en fin de compte sans y réussir, car il est difficile de tuer l’âme d’un peuple sans le détruire lui-même.
Il faut donc plaire aux musulmans qui se sont installées en Europe, et en particulier en France à la faveur de la décolonisation du maghreb . Notons, et c’est très important pour notre avenir, que si notre pays connaît une baisse de la natalité, liée en partie aux efforts très insuffisants faits pour encourager les familles à s’agrandir,que les éléments étrangers venus s’agréger à notre communauté ont eux, un fort taux de natalité.
Il est bien évident que ces éléménts étrangers, hormis pour ceux dont l’intégration a été parfaitement réalisée sans qu’ils perdent l’attachement à leurs traditions, ce que garantit la laïcité de l’Etat, et qui en constituent la part la plus éclairée mais qui ne sont pas en voie d’être les plus nombreux, ne se plaindront pas de la disparition de notre langue dans un magma européen ; de l’acculturation de notre pays : puisque leurs traditions d’origine sont différentes et qu’elles y sont exclusivement attachées.
Ceci rend d’ailleurs problématique la réalisation d’une Europe aculturée, et pour ceux qui la prônent aujourd’hui, le réveil risque d’être difficile.…Mais il sera trop tard.
Certaines de ces minorités, pour les plus militantes, revendiquent déjà, à terme, la prééminence de l’Islam en France !
Dès lors, la campagne en faveur de l’entrée de la Turquie dans l’Europe, avec ses soixante dix millions d’habitants, s ’explique parfaitement !
Avant que nos compatriotes ne découvrent ce que recèle vraiment le traité sur la constitution européenne, il faut les conduire insensiblement sur ce récif mortel, autrement dit leur apprendre peu à peu à devenir des étrangers dans leur propre patrie .
Et ceci à un moment de l’histoire du monde où les nationalismes, poussés par la compétition économique internationale, sont de plus en plus féroces.
A tout cela nous disons NON. A chaque moment difficile de son Histoire, notre pays a su se ressaisir.
Ce moment est venu.
