L’euro vous paraît-il être un facteur de développement indispensable pour l’Europe ?
J’ai toujours considéré qu’une monnaie unique devrait être et ne pouvait être que le parachèvement de la réalisation d’une Union Économique et que de ce point de vue la création de l’Euro a été prématurée.
Mais maintenant que l’Euro a été créé entre douze Etats membres de l’Union Européenne [1] dans des conditions justifiées [2] je ne vois que des avantages à ce qu’il soit maintenu et la politique de la Banque Centrale Européenne de réaliser une croissance annuelle moyenne des prix de 2 % me paraît entièrement fondée.
Aujourd’hui un grand nombre de critiques rendent cette politique responsable des difficultés rencontrées et ils préconisent une politique de relance de l’économie par l’inflation.
C’est là une profonde erreur. Les difficultés que nous rencontrons ne proviennent pas de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne mais de la politique de libre échangisme de l’organisation de Bruxelles.
La meilleure preuve en est qu’en 2004 le taux moyen de chômage dans les douze pays de la Zone Euro a été exactement le même soit 8,8 % que dans les treize autres pays de l’Union Européenne [3].
Comme je n’ai cessé de le démontrer depuis cinquante ans l’inflation n’est pas une condition de la croissance. Elle ne peut en fait que la compromettre [4].
Il est effectif que la stabilité de l’Euro tend à le renforcer vis à vis des autres monnaies et par suite à entrainer une diminution des exportations de la Zone Euro et une augmentation de ses importations. Mais cet effet n’existe qu’en l’absence de toute protection tarifaire ou contingentaire de la Zone Euro et il ne pourrait être supprimé qu’à la suite d’une profonde réforme du système monétaire international [5]


