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Université d’été 2004 du Rassemblement pour l’Indépendance de la France (RIF)

L’entreprise euraméricaine de démolition de la France et de la Francophonie par A. Salon

Albert Salon, Président du FFI-France.

dimanche 15 mars 2009, par Administrateur

Introduction.

Une immense question est occultée par nos « élites » et nos médias : celle de la pérennité de la France, de sa langue, de la Communauté francophone.

La France est ouverture au monde, voix pour l’humanité. Il n’est donc pas question de la faire se replier sur elle-même, dans une attitude défensive derrière une ligne Maginot toujours illusoire. Mais, pour qu’elle reste elle-même, le peuple français doit voir clairement qu’est à l’œuvre une redoutable entreprise de démolition de ce que la France représente, dans le monde, en Europe, et jusque chez elle. Pour la combattre et la vaincre.

Pis : Bruxelles étend le tout-à-l’anglais aux États membres eux-mêmes :

Au nom de son unique idéologie, la libre circulation des biens et services et le grand marché, elle s’acharne à faire écarter ou vider de leur contenu les législations de protection linguistique des États membres. Là encore, la France est la première visée, avec son article constitutionnel « la langue de la République est le français » et ses lois successives Bas-Lauriol en 1975 et Toubon en 1994.

Ainsi, un gouvernement français faible a-t-il dû, en 2001, prendre la fameuse « circulaire Tasca » du 20 septembre pour permettre que des produits de l’UE pussent circuler en France avec des modes d’emplois en anglais, dont les traductions en français, pour les pithécanthropes que nous sommes, pouvaient être avantageusement remplacées par des pictogrammes !. Notre association « Avenir de la langue française » a heureusement obtenu en juillet 2003 l’annulation de cette circulaire par le Conseil d’État. De même, dans l’été 2002, Bruxelles récidivait, cette fois pour l’étiquetage de produits alimentaires, au mépris, non seulement de la loi Toubon, mais encore du « principe de précaution » ! Le Ministre Dutreil y mit bon ordre par un décret du 2 août 2002. Mais sachez que Bruxelles, en ce moment même, renouvelle ses pressions avec une extraordinaire insistance. La France va-t-elle se soumettre ? On cache aux Français que nos administrations nationales, comme celles de nos voisins européens, sont obligées de travailler presque constamment en anglais sur les affaires européennes, parce que Bruxelles, au mépris total de la réglementation linguistique de l’Union, et sans plus invoquer de prétextes pour se justifier, leur envoie les documents de travail uniquement en anglais. Or, les affaires européennes touchent maintenant environ 80% de l’activité de nos administrations centrales…

Depuis trois ans, nos associations (ALF surtout) demandent à cor et à cri au Premier Ministre, M. Jospin, puis M. Raffarin, qu’il donne l’instruction ferme à ses administrations de renvoyer systématiquement à Bruxelles tous documents de travail qui leur parviennent uniquement en anglais. En vain. Les éternels eurobéats s’en indignent, évoquent avec colère le précédent intolérable de la politique de la « chaise vide » en criant qu’on n’est plus aux temps du Général et que la France est liée à l’Union…

Ils ne sauraient mieux décrire notre vassalisation.

Pourtant, si le PM agissait en ce sens, il ferait passer en France, dans la Francophonie, et chez ceux de nos partenaires européens qui souffrent d’être soumis, un frisson d’espoir, un grand souffle de liberté. Le fera-t-il ?

Imaginons un instant que la Constitution européenne soit ratifiée. Ses articles 6 et 10 (5 nouveau) font de l’Union une personnalité juridique et un super-État dont le droit prime celui des États membres (y compris leurs constitutions nationales). Notre article 2 et notre loi Toubon ne tiendraient pas longtemps face à une décision de l’Union, prise à la majorité, du genre : « La seule langue commune des institutions de l’Union est l’anglais. Les États membres traitent avec elles dans cette langue »

La décision pourrait même être prise à l’unanimité : la France fournirait bien de nouveau une Isabeau de Bavière et un évêque Lamy-Cauchon pour brûler nos plus importants symboles.

Quant à la Francophonie, Communauté francophone internationale de 56 membres, elle fait, elle aussi, l’objet de virulentes attaques de la part des européistes fédéralistes, français comme étrangers. Il ne saurait être question pour eux de tolérer que des États membres de l’Union, en dehors sans doute de la Grande-Bretagne avec son Commonwealth, entretiennent des liens privilégiés, avec des préférences communautaires, avec le « grand large » et de quelconques ensembles géolinguistiques et géoculturels.

  • Nous avons déjà traité de l’exception ou « diversité » culturelle. On sait que le gouvernement français, pourtant bien timide, a dû sermonner le commissaire européen Pascal Lamy, d’origine française, lors des récentes négociations à l’OMC : il allait dans le sens américain…
  • Dans les relations de l’Union européenne avec les pays africains en développement de la Francophonie, le FED (Fonds européen de développement) dont les crédits sont fournis au quart par la France, ne peut encore, décemment, imposer à ceux d’entre eux qui sont francophones de traiter avec lui en anglais. Mais il exerce sur eux des pressions constantes et croissantes en ce sens.
  • Des Instituts créés, dans les pays de l’ancienne Indochine membres de la Communauté francophone, par la coopération multilatérale francophone, et grâce à des financements principalement français, qui forment des cadres supérieurs à la fois dans leurs langues nationales et en français, reçoivent des correspondances uniquement en anglais des Délégations de l’UE établies sur place. Notre diplomatie n’y a pas vu malice.
  • En ce qui concerne les PECO (pays d’Europe centrale et orientale), Bruxelles n’y est pas allée par quatre chemins. A l’initiative d’un commissaire allemand. dès les débuts de leurs candidatures à l’UE, il leur a été à tous, y compris à ceux qui avaient adhéré à la Francophonie, enjoint impérativement de traiter exclusivement en anglais avec Bruxelles. S’il y a eu des protestations de nos gouvernements, elles n’ont eu aucun effet.
  • Enfin, vous connaissez l’action anti-États-Nations et résolument régionaliste, de Bruxelles et de son Comité des régions. Vous connaissez les pressions de Bruxelles sur la France, pressions relayées par tout ce que notre pays compte de régionalistes, de la Bretagne à la Flandre, à la Savoie, et à l’Alsace, pour que notre pays signe puis ratifie, jusque dans ses dispositions les plus désintégrantes, la charte des langues régionales et minoritaires. Ces pressions s’accompagnent des mesures en faveur des coopérations transfrontalières qui, curieusement, bénéficient beaucoup plus à nos voisins qu’à nous, notamment dans l’Est. Il faut savoir enfin - relisez à cet égard les ouvrages alarmants de nos amis Yvonne Bollmann et Pierre Hillard - que des associations et institutions privées - et même publiques - d’Allemagne et d’Autriche conçoivent et financent des opérations régionalistes : en Italie dans le Haut-Adige (Süd-Tirol), en Moselle et en Alsace. Alsace qui a, du reste, obtenu de traiter directement avec Bruxelles l’attribution de ses fonds européens structurels, sans plus passer par Paris.

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Responsable éditorial : Jacques MYARD