Cercle Nation et République (C.N.R)
Accueil du site > Thèmes et Débats > Francophonie > L’entreprise euraméricaine de démolition de la France et de la Francophonie (...)

Université d’été 2004 du Rassemblement pour l’Indépendance de la France (RIF)

L’entreprise euraméricaine de démolition de la France et de la Francophonie par A. Salon

Albert Salon, Président du FFI-France.

dimanche 15 mars 2009, par Administrateur

Introduction.

Une immense question est occultée par nos « élites » et nos médias : celle de la pérennité de la France, de sa langue, de la Communauté francophone.

La France est ouverture au monde, voix pour l’humanité. Il n’est donc pas question de la faire se replier sur elle-même, dans une attitude défensive derrière une ligne Maginot toujours illusoire. Mais, pour qu’elle reste elle-même, le peuple français doit voir clairement qu’est à l’œuvre une redoutable entreprise de démolition de ce que la France représente, dans le monde, en Europe, et jusque chez elle. Pour la combattre et la vaincre.

  • Dans les attaques contre notre « grand large » : actions précitées à l’égard du Québec, de nos territoires du Pacifique, de Haïti ; sape et élimination de l’influence française dans l’ancienne Indochine, comme auparavant de l’ancienne influence espagnole aux Philippines ; interventions de plus en plus massives en Afrique francophone, y compris au Maghreb, où des mouvements islamistes ont été, comme en Afghanistan contre les Russes, encouragés contre l’influence française ; présence de plus en plus forte, y compris par des conseillers et formations militaires, dans des pays francophones d’Afrique noire, notamment producteurs de pétrole : au Tchad, en Côte d’Ivoire. Voyez le soutien contre la France à Gbagbo en 2003, et aux manifestations de rue manipulées à Abidjan qui ont bénéficié de nombreux drapeaux américains qui ne devaient pas être en réserve dans les ministères ni dans les foyers ivoiriens quelques semaines plus tôt…Les conseils assortis de pressions de moins en moins discrètes d’abandonner notre langue - et d’imiter ainsi, il est vrai, nos propres élites françaises ! - pour passer à l’anglais sont prodigués aux responsables du Maghreb et d’Afrique noire francophone. Les programmes de bourses de formation aux États-Unis des élites africaines francophones se sont multipliés, certes avec des difficultés de visas après le 11 septembre…
  • Ce qui précède va de pair avec l’appui que des institutions publiques et privées, des politiciens et des journaux anglo-saxons, imprégnés de leur conception communautariste d’apartheid, apportent à tous ceux qui, en France, soutiennent les revendications des islamistes qui lancent, dans la question du voile et dans d’autres, un défi à la République et veulent imposer chez nous leur mode de vie et leurs propres lois. Vous avez tous, comme moi, écouté et vu dans nos médias, les réactions des Anglais et des Américains au moment du vote de la loi sur les signes religieux ostentatoires : elles tenaient peu compte de ce qu’il s’agissait notamment de l’école publique, et non d’interdire aux femmes de sortir voilées dans la rue…Vous venez de voir enfin, dans l’affaire de nos otages, les médias anglo-saxons nous dire avec une joie mauvaise que notre abstention dans la guerre impériale en Irak ne nous met pas à l’abri des assauts du « Mal ». Le Mal, en l’occurrence, était-il uniquement du côté des rebelles ? Les déclarations du PM intérimaire avaient de quoi inquiéter, puis les attaques lancées contre les lieux où pouvaient se trouver les ravisseurs…
  • Quant à l’exigence vitale de l’exception culturelle, d’origine québécoise, devenue très vite franco-québécoise, puis reprise par la Communauté francophone aux Sommets de 1993 à Maurice et d’octobre 2002 à Beyrouth, elle a toujours été, et reste, vigoureusement combattue par les majors, les groupes de pression américains, et leur Gouvernement. Elle a déjà été édulcorée en « diversité culturelle », malgré les efforts des francophones. Ceux-ci ont été soutenus par bien des artistes, cinéastes, associations, d’Europe et d’ailleurs, mais très peu par les gouvernements européens. On sait qu’il s’agit de soustraire à la compétence de l’OMC (Organisation mondiale du Commerce), ex-GATT proche des Américains, les échanges de biens et de services culturels, qui ne sauraient être traités tout à fait en marchandises comme les autres. L’UNESCO a été chargée d’élaborer un instrument spécifique, convention ou traité international sui generis. Or les États-Unis, qui avaient longtemps boudé l’UNESCO, ont fait savoir, dès leur récente rentrée, qu’ils s’opposeraient par tous les moyens à la naissance de ce nouvel instrument. Ils font en outre pression sur les États francophones qui ont signé la déclaration des Chefs d’État en 2002 à Beyrouth, pour conclure avec plusieurs d’entre eux des accords bilatéraux de libre échange qui incluent les biens et services culturels. Ils en ont déjà obtenu avec le Cambodge et le Maroc…Quand on sait que les échanges de biens et services culturels sont souhaitables et nécessaires à la cohésion interne d’ensembles géoculturels tels l’Hispanophonie, la Lusophonie, la Francophonie, fondés en bonne partie sur une langue internationale en partage et d’indéniables affinités culturelles, on comprend l’importance de l’enjeu.

Il importe de souligner que la stratégie des États-Unis pour parvenir à leurs fins inclut depuis longtemps une voie indirecte : la construction d’une Europe fédérale. Attention ! Soyons clairs : il ne s’agit certes pas, pour eux, de façonner un ensemble rival qui leur ferait contrepoids, une « Europe-puissance » telle que des Français, principalement, la rêvaient ou la présentent encore, alors qu’ils sont presque seuls à le faire parmi les Européens. Mais une Europe vaste ensemble flou, étendue jusqu’à se couler dans les tentacules de l’OTAN par l’inclusion plus ou moins dictée de la Turquie et d’autres pays aujourd’hui proches des États-Unis. En même temps, toutefois : une Europe assez ligotée - fagotée -par des institutions garantes de son impuissance politique et de son ouverture économique à tous les vents dominants du grand marché mondial et du libéralisme, seuls idéologie et projet communs qui lui soient permis. Une Europe fagotée aussi et phagocytée par l’imprégnation de la culture américaine, et le puissant médium de la langue anglo-américaine.


1 Message

Répondre à cet article


Cercle Nation et République (C.N.R) (Cercle Nation et République) - 2009
Responsable éditorial : Jacques MYARD