- Considérant que, depuis 1974, les dirigeants de la France admettent, voire encouragent, la substitution chez nous de l’anglais au français dans des secteurs vitaux de l’activité nationale : sciences, grandes entreprises mondialisées, jusque dans le secteur public et dans les relations avec les institutions de l’Union à Bruxelles ;
- considérant que la France porte un universalisme humaniste - fondamentalement distinct de l’universalisme de "peuple élu" de l’actuel Empire - et que la Francophonie en est elle aussi porteuse ;
- considérant que la Francophonie, Communauté francophone organisée, est une chance pour la France, un grand défi de notre temps, et un laboratoire exemplaire de dialogue des cultures, un antidote puissant à la vision "Huntington" du "choc des civilisations" que l’Empire semble adopter ;
- considérant que les gouvernements français n’ont pas vraiment relevé ce défi ni saisi cette chance ;
Estime nécessaire et urgente la mise en oeuvre d’une politique du français et de la Francophonie consistant à :
- organiser d’urgence un débat parlementaire sur notre politique des langues et de la Francophonie, pouvant déboucher sur : - l’inscription dans notre Constitution de la phrase : "la République participe à la construction d’une Communauté francophone de solidarité et de coopération" ; - une loi d’orientation et de programmation sur les places respectives, en France, du français, des langues régionales, ainsi que des langues étrangères dans l’enseignement ; - un complément à la "loi Toubon" dans l’audio-visuel, les sciences, les entreprises ;
- donner une instruction du Premier Ministre aux administrations françaises de retourner à Bruxelles tous les documents d’information et de travail qui leur sont envoyés uniquement en anglais ;
- relancer notre action culturelle dans le monde [2] ;
- développer une solidarité active avec les peuples de langue maternelle française hors de France, notamment au Québec, en Wallonie et à Bruxelles ;
- obtenir deux décisions au Sommet francophone de l’automne 2004 à Ouagadougou : - que les pays membres de la Francophonie dont le français n’est pas langue nationale accordent au français le traitement de la "langue étrangère la plus favorisée" [3] ; - que les crédits d’aide au développement [4] en faveur des pays francophones plus pauvres soient au moins doublés dans les secteurs vitaux, notamment la formation et l’enseignement scolaire et universitaire ;
(Notes d’Albert Salon, ancien Ambassadeur, Président du FFI- France (Forum francophone international) et d’ "Avenir de la langue française").
