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FFI (Forum francophone international) ; ALF (Avenir de la langue française)

Maison de la Francophonie : pourquoi Villers-Cotterêts ? par Alfred Gilder

Le lieu des réceptions officielles

dimanche 15 mars 2009, par Administrateur

Introduction.

Nos lecteurs se souviennent de l’Appel de Villers-Cotterêts, lancé le 7 octobre 2001 du balcon du château de François 1er (texte disponible 34 bis rue de Picpus, et sur www.voxlatina.com Initiative du FFI (Forum francophone international) et d’ALF, cofondateur du FFI, l’Appel portait sur l’union des sociétés civiles francophones dans le monde ; il portait aussi sur la restauration du château et son affectation à une sorte de Porto Alegre de la diversité linguistique et culturelle du monde. Or, ces derniers temps, d’importants progrès ont été accomplis dans cette direction, à la faveur des négociations sur la panthéonisation d’Alexandre Dumas, arraché au cimetière de sa Villers-Cotterêts natale, à la faveur aussi de l’annonce par le Président de la République de l’ouverture en 2006 d’une Maison de la Francophonie à Paris, destinée à faciliter les synergies entre les grandes institutions internationales de la Francophonie installées dans la capitale en regroupant leurs bureaux et en y accueillant les principales associations nationales de promotion du français (dont les nôtres). Un consensus semble bien se dégager en faveur de la confluence des deux grandes idées. Voici donc le programme d’emploi du château, tel que nos associations ( FFI, ALF…avec Alfred Gilder) l’ont présenté aux divers responsables. Vous serez tenus informés des suites qui seront données à ce projet important par sa haute valeur symbolique, mais aussi par les avantages concrets que sa réalisation apporterait à notre cause et au développement de nos associations.

 Maison de la Francophonie : pourquoi Villers-Cotterêts ?

Villers-Cotterêts a perdu de son âme du fait du transfert au Panthéon des cendres de Dumas. Cinq raisons conduisent à réparer cette perte en choisissant cette ville pour installer en son château le siège de la future Maison de la Francophonie.

  • 1 Un lieu de prestige : Le Président de la République veut installer la Maison dans un bâtiment prestigieux. On ne peut trouver mieux que Villers-Cotterêts, à 75 km de Paris et 50 km de l’aéroport de Roissy. Le magnifique château de François 1er incarne un passé riche ( les Valois, la Renaissance, un terroir que La Fontaine, Racine et Dumas marquèrent de leur présence…) et glorieux ( Foch lança de Villers-Cotterêts la contre-offensive victorieuse conduite par Mangin le 18 juillet 1918). Cela dit, une erreur de l’histoire doit être réparée. Comme l’écrit le Conservateur régional de l’Inventaire, Martine Plouvier : « Désaffecté depuis 1984 [ … ] le château dresse son corps de logis, désert, comme un reproche muet à l’indifférence contemporaine. Propriété de l’État [ … ] il attend de nouveaux hôtes pour le tirer du sommeil séculaire. » ( in Préface à Villers-Cotterêts, un château royal en forêt de Retz )
  • 2 Un symbole : C’est là que François 1er signa, le 5 août 1539, la célèbre ordonnance qui fonde la législation linguistique française. Nul autre endroit ne peut mieux symboliser la langue en partage, socle et vecteur de la Francophonie. C’est dire que cette demeure royale n’a point de concurrent. Le projet d’y installer la Maison a donc suscité ambition, volonté d’action, et dynamisme des volontés.
  • 3 Une aubaine Le château offre une occasion rare, unique, incomparable. L’édifice est sans affectation à ce jour. Sa mise hors d’eau et hors d’air a été faite par les Domaines. Cela limitera d’autant les travaux complémentaires de restauration, estimés à 30 millions d’euros, travaux programmables en plusieurs tranches. S’y ajoutera le coût de l’adaptation fonctionnelle pour en faire le « Nainville-les-Roches » ou le « Royaumont » de la Francophonie Localement, la ville, le département, la région, apporteront leur concours financier. Une souscription nationale sera bientôt lancée. Le ministère de la culture a mis des crédits de côté pour la rénovation. Et il y a fort à parier qu’un projet aussi séduisant et fédérateur attirera le haut mécénat culturel, qu’il faudra solliciter
  • 4 Une synergie L’idée d’une Maison de la Francophonie vient du mouvement associatif francophone, aiguillon, fer de lance, apporteur d’idées fécondes pour cette communauté géo-linguistique en gestation permanente. Du balcon du château, fut lancé, le 7 octobre 2001, l’Appel de Villers-Cotterêts. Signé, outre de personnalités éminentes, par 52 associations francophones de France et d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique, il proclame la souveraineté linguistique, appelle à une solidarité mondiale des francophones, et invite à une souscription nationale pour restaurer un édifice historique laissé en déshérence (excepté une petite partie des communs, encore occupée pour quelque temps par la Ville de Paris pour des indigents). Faire de ce château Renaissance le siège de la Maison offrira, entre autres avantages, celui d’y faire côtoyer et co-agir les deux Francophonies, l’institutionnelle impulsée par l’O.I.F. et l’associative groupée dans le F.F.I. C’est le principe même d’une maison, celle de tous.
  • 5 Un portail d’avenir Aujourd’hui, la défense de la langue française et, partant, son avenir, représentent un combat majeur pour le troisième millénaire : la diversité linguistique et culturelle en sera l’enjeu capital. C’est à Villers-Cotterêts que pourra s’approfondir et se concrétiser l’indispensable et fertile dialogue, renforcé par l’O.I.F., entre les trois ensembles géo-linguistiques existants (Francophonie, Hispanophonie, Lusophonie) et à venir (Arabophonie, Germanophonie, Slavophonie…) Dans cette perspective, Villers-Cotterêts devrait devenir autant un Forum culturel mondial qu’une Villa Médicis de la langue. L’objectif de décentralisation et d’animation du patrimoine historique conduit aussi à porter le château à la hauteur de son destin.

Pour toutes ces raisons, le château de Villers-Cotterêts serait le lieu idéal de recherche, de formation, de congrès et de rencontres entre les francophones, pour la promotion du français, et le printemps des cultures dans la diversité du monde

 Programme de la Maison de la Francophonie à Villers-Cotterêts.

La France donnera en apanage à la Francophonie le Château, ce bien jadis apanagé. L’ample surface utile disponible ( plus de 10 000 m² disponibles) permettra à la Maison d’y mener les activités suivantes :

  • 1 Le siège officiel de la Maison de la Francophonie :
    • Villers-Cotterêts symbolise la continuité historique. La cérémonie solennelle de fondation attestera du lien entre le passé prestigieux et l’avenir qu’il faut garantir à la langue en partage. La noblesse du lieu sied à la grandeur de la tâche. * Il ne s’agit pas, bien sûr, d’y transférer les organismes eux-mêmes, leurs bureaux et leurs personnels, - qui devront rester à Paris -, mais seulement d’y assumer les fonctions ci-après. Le choix du lieu présente l’intérêt de réduire d’autant le besoin de m², rares et chers à Paris. * Il y a en Francophonie trois précédents de siège dissocié du lieu où s’accomplit l’objet social : deux opérateurs officiels des Sommets ( A.U.F. et A.I.M.F. ) et un officieux ( Forum Francophone des Affaires. ) ont leur siège au Québec, mais l’essentiel de leur implantation à Paris. En outre, l’Université Senghor siège à Alexandrie.
  • 2 Le lieu des réceptions officielles :
    • Comme il arrive au Chef de l’État de recevoir à Versailles, il appartiendra au Secrétaire Général de l’O.I.F. d’accueillir à Villers-Cotterêts. * La Francophonie ne manque pas d’occasions officielles de se réunir. C’est même consubstantiel à sa nature : Sommets, hauts conseils, conférences ministérielles, Fête de la Francophonie, Semaine de la langue française, etc. * Le lieu, le cadre, l’espace du château, son parc magnifique en particulier, s’y prêtent à merveille.
  • 3 La Biennale des cultures et des langues du monde :
    • Le Château sera l’endroit parfait - avec le complément hôtelier de la Ville et des environs - pour organiser tous les deux ans les Journées de Villers-Cotterêts consistant en un forum culturel mondial, autrement dit le Porto Alegre à la française, spécialisé dans les questions désormais primordiales de diversité linguistique et culturelle. Et cela en application des résolutions adoptées au Sommet de Beyrouth sur le dialogue des cultures en octobre 2002.. Ce faisant, la Francophonie affirmera et, surtout, matérialisera ainsi une grande ambition. * Détail important : pour ce genre de grandes rencontres, Paris présente souvent autant d’inconvénients que d’avantages : manque d’espace suffisant, éclatement de ce fait des manifestations tenues en divers lieux, coûts de location, difficultés de stationnement, embouteillages.
  • 4 Un lieu de rencontres et de congrès :
    • La demande est forte en la matière, tant de la part des organismes officiels que du monde associatif. * C’est à Villers-Cotterêts qu’auront lieu les réunions de travail quasi institutionnelles avec les autres grandes institutions géo-linguistiques. * Promoteurs de l’idée de Maison de la Francophonie, les associations sont aussi demanderesses pour les besoins de leurs activités : locaux et secrétariat communs, assemblées générales, colloques, cérémonies. À noter au passage que le monde associatif devra être représenté au Conseil d’administration de la Maison. * Satisfaire la demande de congrès sera d’autant plus aisé qu’une formule d’hébergement ( dans les ailes du château ) sera proposée aux participants. · En tant que de besoin, bien entendu, la Maison pourra, dans la mesure du possible, louer des espaces à des tiers pour y tenir congrès, en français.
  • 5 Séminaires de recherche :
    • Il s’agit aussi de faire du château de Villers-Cotterêts une sorte de Villa Médicis de la langue française. Étudiants, universitaires, écrivains, journalistes, y trouveront un cadre approprié, les moyens d’étude et la documentation nécessaires pour mener à bien leurs travaux. * Le Château deviendra donc le « service extérieur » de tous les organismes qui œuvrent en la matière (A.U.F., D.G.L.F., Conseil international de la langue française, commissions ministérielles de terminologie, Universités, etc.) . Précisons qu’il s’agit là d’un domaine de recherche qui donne lieu à de nombreux travaux et publications. * Bien entendu, l’accès aux moyens multimédias et la toile (Internet) faciliteront grandement le travail sur place des chercheurs.
  • 6 Stages de formation :
    • Ici aussi la demande est forte, notamment pour former en tous domaines les cadres nationaux et locaux des pays africains. * La Maison de la Francophonie pourra aussi organiser, proprio motu ou à la demande, des stages de perfectionnement en langue française.
  • 7 Bibliothèque, centre de documentation et archives francophones :
    • Hormis l’Académie Française et la Bibliothèque Nationale, il n’existe pas de bibliothèque réunissant un maximum d’ouvrages sur la langue française. C’est l’occasion ou jamais de constituer peu à peu ce fonds de livres, qui puisse amasser les connaissances immenses réunies depuis des siècles autour de la langue en partage afin qu’elles soient mises à disposition. * À plus forte raison, il y a lieu de constituer, avec le concours des organismes et des associations francophones, un fonds documentaire ( rapports, revues, journaux, documents bandes sonores, cassettes audiovisuelles, disques numériques… ) Il s’agit aussi de mettre en valeur les diverses composantes de cet ensemble géo-linguistique unique en son genre et qui, depuis plusieurs décennies, amasse des écrits en grand nombre ( travaux de colloques, correspondances, revues, etc.) * C’est dire aussi que le Château de Villers-Cotterêts recevra les archives de tous les organismes francophones qui seront tenus ou accepteront de les déposer en ce lieu afin que les chercheurs puissent les consulter.
  • 8 Lieu de résidence :
    • Pour les besoins des activités précitées, une formule de séjour résidentiel - avec service de repas sur place sera proposée aux congressistes, stagiaires et chercheurs. Les ailes du château sont tout désignées à cet effet. * S’y ajouteront, évidemment, le logement du directeur ( l’appartement existe déjà) et celui du gardien. · Le stationnement ne pose pas de problème.
  • 9 Expositions et visite du Château :
    • S’agissant d’un monument historique, sa visite sera - après restauration - autorisée. Outre la Journée du patrimoine, elle sera organisée les samedi, dimanche et jours fériés ainsi que l’été. * Autre élément d’animation : les expositions. Les thèmes ne manquent pas : rétrospective sur la langue française ( une exposition itinérante existe déjà ) et sur d’autres langues ; présentation des pays membres de la Francophonie ; tout autre sujet touchant à la défense du patrimoine linguistique ou culturel.

1 Message

  • Cette approche est une vue de l’esprit… Je ne suis pas certain que le rédacteur de cette proposition connaisse réellement l’état de ruine et de déshérance du château. Une restauration suivie d’un réaménagement complet sur plus de 20 000 m² se chiffrera probablemement autour de 100 millions €. Monsieur GILDER croit-il réellement que l’Etat français aura les moyens, dans un contexte de rarécfaction des fonds publics d’une part, de crise économique d’autre part, de financer un tel projet ? Et je ne parle même pas du budget de fonctionnement (et du déficit qui va avec) d’une telle usine à gaz… ? Qui va gérer, qui résorbera l’inévitable déficit ? A moins qu’il ait un mécène prêt à signer de très, très gros chèques… Il y a bien les fondations Rockfeller et Bill Gates… Oups ! ils ne parlent qu’anglais et seront personna non grata…

    Non, sérieusement, à moins de jouer les candides, il est illusoire de penser l’Etat investira de tels montants en investissement et fonctionnement… Seul un projet de réaffectation à caractère comemrcial ou en vue d’une défiscalisation MH pourrait sauver le château grâce à un investissement en grande partie privé. Encore faudrait-il que l’Etat se positionne enfin sur ce domaine royal appartenant à l’Histoire de France…

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Responsable éditorial : Jacques MYARD