Robert Pelletier se demande si la recherche éperdue de la France vers la réconciliation avec l’Allemagne connaît une réelle réciprocité, notamment en terme de transferts.
La réciprocité existe véritablement réplique Edouard Husson. Il y a eu d’importants transferts financiers. Cependant, même au sein d’un même ensemble, il doit exister une saine concurrence. Cette concurrence existe elle-même en Allemagne entre les différents Länder. Pour autant, il demeure exact qu’il n’y avait pas de raison d’offrir une supériorité à l’Allemagne dans le traité de Nice.
Est-ce qu’à l’instar de la France, une partie de la société est victime de la crise, notamment à cause des délocalisations s’interroge Alain Kremer ?
Les PME allemandes ont tendance à délocaliser en Europe orientale, d’après Edouard Husson. Les grandes entreprises ont des logiques plus mondiales de délocalisations, pour être présents sur les futurs marchés. Les emplois peu ou pas qualifiés ont été supprimés en Allemagne.
Un intervenant fait remarquer qu’il y a fréquemment des problèmes de conception, à l’exemple de la politique de la concurrence.
Edouard Husson confirme que nous avons des modes de fonctionnement différents.
Quelle est la probabilité pour l’Allemagne de reconstituer l’empire allemand demande le Professeur Alain Cotta ? N’ont-ils pas le sentiment de payer depuis 70 ans, de supporter l’Europe latine qui peut ainsi se permettre d’être laxiste ?
Edouard Husson reconnaît que des éléments pris isolément sont exacts, mais pas dans cette combinaison précise. En l’occurrence, l’Allemagne paie pour l’Europe mais cela leur permet une diplomatie tout azimuts. On s’achemine inexorablement vers un affaiblissement du pouvoir central allemand : il faut s’attendre à des gouvernements qui auront des lignes politiques beaucoup moins claires. L’affirmation des Länder est une tendance de fond.
Jacques Myard déplore que la France et surtout les média se désintéressent de l’évolution de l’Allemagne, ce qui est une faute. L’Allemagne est désormais un peuple adulte, mais c’est une erreur de tout voir par le prisme franco-allemand.
Par ailleurs, combien de temps encore l’euro pourra t-il résister ?
Edouard Husson indique que sur le long terme il peut y avoir des vraies coopérations en Europe. Il y a un certain gâtisme à imaginer que si l’on en venait à se disputer sur un dossier, ce serait la guerre. La concurrence économique fait partie du capitalisme. Sur l’euro, enfin, il est évident que la crise est pendante.

