L’immigration pose en France davantage de problèmes sociétaux aujourd’hui qu’hier pour cinq raisons principales :
Le nombre des immigrés, leur origine, l’Europe passoire, la mondialisation, et la panne d’intégration.
1. Le nombre des immigrés est en croissance exponentielle.
Il y a trop d’entrées dont on ne peut pas mesurer les flux. Les chiffres des flux d’entrée de l’immigration légale qui reposent sur le recensement de 1999, de l’aveu même de l’INSEE, ont été sous-évalués, ce qui signifie qu’ils sont faux et certains disent même truqués. En outre il n’y a, à ce jour, aucun instrument pour contrôler les flux de sortie et donc à plus forte raison le solde migratoire qui est largement positif et non négatif comme on l’a fait dire aux chiffres. Mieux le recensement national n’existe plus depuis 2002. Il a été remplacé en France en 2005 par une méthode d’échantillonnage probabiliste dite méthode de Leslie Kish. Or, nous sommes les seuls en Europe à utiliser cette méthode, tout juste valable pour les pays du tiers-monde. Cette méthode ne permet aucun dénombrement pertinent des immigrés légaux, et encore moins des illégaux, dont la régularisation a posé à l’Union européenne un gros problème, grâce à l’inconscience de nos voisins européens. En 1 an ½ l’Italie et l’Espagne ont régularisé 1.250.000 immigrés clandestins qui se sont légalement dispersés dans toute l’Europe, et ont abouti en France pour beaucoup. Ces clandestins ne représentent pas tout le « stock » des illégaux (il y a ceux qui ne se cachent pas en attendant une régularisation, les sans-papiers) mais en sont la plus grande partie. Villepin disait que les illégaux en France étaient de 200.000 à 400.000 en 2004-2005, mais ce ne sont qu’estimations car, par définition, on ne peut pas les dénombrer. Le « stock », vivant aujourd’hui en France est plus vraisemblablement voisin de 1.000.000. Or si aucune mesure n’est possible des flux, ni des stocks d’immigrants, aucune maîtrise réelle ne sera possible. Mais la maîtrise est aussi une question d’effectifs de la Police et d’une meilleure répartition de ses tâches, surtout en période de débordement des flux. C’est aussi celle d’une application plus stricte de la loi et des moyens à donner à la Justice. Aujourd’hui les contrôles de police dans la rue, plus fréquents, constatent une forte présence d’illégaux. L’application de la loi n’est pas une injure, mais les expulsions ne sont pas tendres. Il ne faudrait pas en arriver là.
2. L’origine des immigrés est connue.
3. L’Union européenne est incapable d’endiguer ces flux migratoires.
Elle ne le souhaite pas. C’est une Europe passoire. Les frontières intérieures n’existant plus, l’Union fait appel aux nations périphériques pour surveiller ses frontières extérieures. On devrait d’ailleurs parler d’une France passoire sans frontières dans une Europe poreuse sans moyens. Ceux de l’agence européenne Frontex sont en effet insuffisants. Frontex aide seulement les états périphériques dans ces contrôles extérieurs. Les résultats ne sont guère encourageants. En outre la philosophie de l’Union en matière de repeuplement par les migrations (repeuplement passif par un remplissage massif), inspirée d’un rapport de l’ONU, comporte un danger de perte d’identité pour les Etats-nations. Endiguer ces flux dont l’Union est responsable, devient urgent en dénonçant les traités européens, en particulier les accords de Schengen, et en retrouvant notre indépendance nationale nos frontières et nos douaniers.
4. Mais les flux migratoires sont mondiaux, ils ne concernent pas seulement la France.
C’est un des aspects de la Mondialisation, dont tous les pays « riches » subissent les conséquences. La mondialisation augmente les flux et a un rôle sur leur vitesse. Au point que la plupart des pays européens, paraissent dépassés et durcissent leur législation, tandis que les Etats-Unis construisent un mur et font « donner la troupe ». Est-ce cela qu’on souhaite ? L’arsenal des lois est bien suffisant, des accords de coopération (et non plus de réadmission) sont plutôt indispensables afin d’endiguer des flux autrefois flux sud-nord, qui sont devenus est-ouest et bientôt sud-sud. Pour cela seuls des Etats peuvent signer ces accords et non une entité éléphantesque (une économie-monde selon l’expression de F. Braudel) telle que l’Union européenne.

