Les facteurs qui les favorisent sont :
- le changement d’origine du personnel arabisant (disparition du vivier que constituait les arabisants du temps de la colonisation d’un côté, immigration de l’autre),
- la désaffection du grand public pour le fait arabe facilement associé au terrorisme,
- la désaffection du grand public pour le fait arabe facilement associé au terrorisme,
- la conversion à l’islam de nombre d’arabisants d’origine « hexagonale »,
- enfin, les combines locales jouant sur les avantages que peut apporter la promotion d’un membre d’un parti ou d’un groupe influent en pays arabe.
Les modalités de l’entrisme sont :
- la présentation sous l’étiquette neutre d’ « institut culturel » associés plus ou moins de façon continue à une structure universitaire reconnue,
- la mise en place systématique aux postes d’enseignement de l’arabe de membres actifs de mouvements intégristes,
- à partir de là, l’établissement de liens avec des individualités d’autres sections. On veut ainsi éliminer toute vision critique et renouveler en France le type d’enseignement des pays musulmans.
La question est double. Au premier niveau, il s’agit d’une subversion des exigences scientifiques reconnues dans notre système universitaire au profit de la perspective purement apologétique qui est de rigueur dans les centres d’éducation musulmans. Plus profondément, cela doit déboucher sur la formation d’un domaine ayant ses propres lois à l’intérieur de l’espace français et européen.
Courte bibliographie :
- Les penseurs libres dans l’islam classique, Albin Michel, 1994
- Averroès. Les ambitions d’un intellectuel musulman Flammarion, 1998. Traduction espagnole.
- Averroès Coll Champs. Flammarion, 2001
- Histoire de la pensée arabe et islamique Le Seuil (à paraître).
- Les mots de l’islam PUM.2004 (en collaboration avec Marie-Thérèse Urvoy).
Situation dans l’Université privée (catholique).
présentée par le professeur Marie-Thérèse Urvoy Madame le Professeur Marie-Thérèse Urvoy enseigne l’histoire arabe médiévale et l’arabe classique à l’Université catholique de Toulouse et dirige deux collections spécialisées aux Editions de Paris et Cariscript (Paris). Elle est l’auteur de livres et de nombreux articles sur la langue arabe et l’histoire des textes, le christianisme oriental et l’Andalousie et sa littérature, la philologie et la littérature dans leurs rapports avec la pensée et la mystique musulmane.
Dans l’Université catholique, les islamistes prennent pied à la faveur :
- de la vogue du procédé du « témoignage ». Ils ont ainsi une tribune où la parole leur est donnée sans restriction ni débat avec des personnes compétentes susceptibles de corriger des aspects faux ou dévoyés de leur discours ;
- du dialogue interreligieux, cautionné par Rome même, et de l’action, en France, du Secrétariat pour les Relations avec l’Islam (SRI) qui, sous l’étiquette de l’ « ouverture » et de la « tolérance », pratique systématiquement la démission, voire la collusion avec les éléments les plus avancés de l’islamisme ; -des Instituts de Science et de Théologie des Religions (ISTR), qui pratiquent une approche descriptive et égalitaire des religions comme le ferait un institut laïque ;
- de la substitution, dans l’enseignement, à l’approche objective des institutions et des expériences spirituelles des autres religions d’une activité à caractère pastoral, jouant sur les relations d’amitié et les sentiments de « compréhension ».
Courte bibliographie :
- Vivre avec l’islam ? éd. Saint-Paul, 1996
- En hommage au Père Jacques Jomier o.p. (direction), Le Cerf, 2002
- Les mots de l’islam (en collaboration avec Dominique Urvoy), PUM, 2004
- Les nouveaux penseurs de l’Islam « Hors-Série » du Nouvel Observateur Avril/Mai 2004 (articles p.87 et p.60, p.21 et p.57)
- Islam de A à Z « Hors-Série » du Figaro Oct/Nov 2005
