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Audition de DOMINIQUE DE CALAN, Président de l’AGIRC

Retraites par D. De Calan

Les prélèvements obligatoires pour les retraites ont atteint leur maximum qui est de 25% du revenu.

samedi 7 mars 2009, par Administrateur

Compte rendu de la réunion du 26 octobre 2005.

L’AGIRC et l’ARRCO sont des régimes de retraite complémentaire qui versent une retraite à l’ensemble des salariés du secteur privé.

C’est un système par répartition : les actifs versent des cotisations qui sont servies aux retraités.

Aujourd’hui, -pour 100 euros de retraite non cadre, 60€ proviennent de la CNAV et 40€ de l’ARRCO.

  • pour 100 euros de retraite cadre, 40€ proviennent de la CNAV et 60€ de l’AGIRC et l’ARRCO.

AGIRC et ARRCO versent une retraite à plus de 10 millions de personnes. Elles ont un poids économique fondamental.

 1 une réflexion sur de fausses bases :

La retraite a-t-elle un bon ou un mauvais rendement ?

Cette question n’a pas de sens lorsqu’on la compare avec le dernier revenu. Par exemple, un cadre supérieur qui gagnait entre 40 et 50 000 francs se retrouve, la dernière année, à percevoir un salaire de moins de 15000 francs. Il serait absurde de faire dépendre la retraite du dernier salaire. Il faut comparer la totalité versée.

La baisse du rendement

D’aucuns constatent que le rendement diminue. Effectivement, il convient de prendre en compte l’espérance de vie dans le calcul de ce qui va être servi. L’espérance de vie ne cesse d’augmenter : elle était de 10 ans et est désormais de 22 ans de temps de retraite.

Aujourd’hui, on entre plus tard dans la vie active et notre vie de retraité est de plus en plus longue.

Les conséquences des équilibres démographiques- allongement de l’espérance de vie et arrivée à l’âge de la retraite des générations nombreuses de l’après-guerre doivent être pris en compte dans les équilibres financiers des régimes de retraite par répartition.

Les prélèvements obligatoires pour les retraites ont atteint leur maximum qui est de 25% du revenu. Au-delà, une ponction supplémentaire ne serait pas raisonnable et ferait basculer tout le système.

 2 une nécessaire révolution sur les retraites :

Le 1er pilier : une solidarité garantie prélevée sur les impôts.

L’idée du minimum vieillesse doit être garantie. Mais cette solidarité indispensable doit être raisonnable et prélevée sur l’impôt et non pas par des cotisations sur les salaires.

La CNAV doit s’amaigrir pour qu’elle ne s’occupe plus que de la solidarité vieillesse.

Le 2ème pilier de la retraite doit s’appuyer sur la solidarité inter-générationnelle :

Le maintien des retraites par répartition doit être acté, mais il convient de la plafonner en fonction de la richesse nationale. La valeur de service du point AGIRC et ARRCO servant au calcul de allocations devra diminuer en fonction de l’espérance de vie. Il convient de préserver la place de la répartition dans le respect de l’équilibre entre les générations.

Le 3ème pilier s’appuie sur l’épargne :

Ce 3ème pilier existe déjà aujourd’hui, même si tout le monde le refuse. Cette épargne est indispensable en complément. Elle peut se faire sous la forme d’actions, d’obligations, d’épargne mobilière, foncière ou immobilière. L’épargne immobilière ou foncière doit être encouragée dans le cadre du maintien à domicile des personnes âgées.

Le 4ème pilier concerne l’activité des seniors :

Il faut développer une politique dynamique de l’emploi visant à créer de nouveaux emplois dans le secteur privé marchand, afin de relever le taux d’activité et améliorer progressivement l’emploi des salariés âgés. Il faut favoriser le cumul d’un emploi avec la retraite. Il est faux de considérer que les retraités prendraient les emplois des plus jeunes : plus on travaille, plus il y a de richesses et plus l’emploi se développe.

Dans le cadre du cumul, il n’y aurait pas de cotisation au chômage, ni à l’URSAFF, en revanche, il y aurait paiement de la CRDS et de la CSG. Les cotisations AGIRC- ARRCO seraient moindres.

Ce débat sur le cumul emploi-retraite est accepté par la population.

  • Il existe des viviers d’emplois qui seraient particulièrement adaptés au cumul, notamment ce qui concerne le maintien à domicile des personnes. En effet, ce secteur ne sera jamais du travail à temps plein. Le 1er besoin en la matière est la création d’activité dans la restauration (livraison de plateaux repas, par exemple), suivent les questions du médical et paramédical et enfin des loisirs et déplacements (postes de chauffeurs ponctuellement). Bien évidemment, il ne faut pas que ces services soient trop onéreux : le cumul emploi retraite permettra aux uns de mieux vivre et aux autres de gagner un peu plus que leur pension de retraite.
  • Il faut encourager les solidarités familiales en recourant, par exemple, à des crèches grand parentales.

Le gisement d’emplois est donc gigantesque.

Pour conclure, tous devront faire un effort dans ces directions et accepter une baisse progressive du point de retraite de 0,05% qui permettra de gagner près de 400 millions par an et donc de pérenniser le système des retraites qui, sans cela, est irrémédiablement menacé à très court terme.


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